Pourquoi apprendre à gérer ses émotions est-il impossible?
L’expression « gérer ses émotions » est employée à tout bout de champ, comme si ressentir des émotions était une tare, quelque chose qu’il fallait absolument éviter !
Mais les émotions sont utiles et nécessaires à notre survie !
Qu’est-ce qu’une émotion ?
Etymologiquement, le mot vient du latin « movere » qui signifie « mettre en mouvement » et du préfixe -e qui signifie « hors de ». Une émotion est donc littéralement quelque chose qui nous met en mouvement, qui nous pousse à réagir — ce qui rejoint son rôle biologique (préparer le corps à l’action : fuir, attaquer, chercher du réconfort, etc.).
Emotion ou sentiment?
A l’inverse d’un sentiment, une émotion est un état transitoire. Les émotions nous traversent en général sept secondes tandis qu’un sentiment est un état affectif complexe et durable qui mélange émotions et pensées.
Quelles sont les 4 grandes émotions de base ?
Il y a 4 grandes émotions de base.
La joie
C’est notre état de base. On la ressent en cas de réussite, de satisfaction, de bien-être.
Le besoin associé à la joie est un besoin de partage et de célébration.
Le mouvement associé est un mouvement vers l’extérieur.
La colère
On la ressent quand nos limites sont franchies ou que quelque chose en nous n’est pas respectée ou qu’on subit une injustice. Elle est associée à un besoin de réparation et à un mouvement d’opposition.
La tristesse
On la ressent lors d’une perte ou en cas de manque.
Elle est associée à un besoin de consolation, de soutien, d’appartenance et à un mouvement de repli.
La peur
La peur sert à faire face à une menace ou un danger. Elle est associée à un besoin de protection, de sécurité, de confiance et à un mouvement de fuite.
Il existe bien sûr une multitude de déclinaisons de ces émotions !
Comprendre nos émotions plutôt que les gérer !
1) Identifier l'émotion ressentie
Emotions instinctives
Il y a d’abord des émotions instinctives. Celles-ci représentent 7% de nos émotions.
Par exemple, un enfant traverse devant nous alors que nous sommes en train de conduire, et la peur que l’on ressent nous fait appuyer instinctivement sur le frein. Le danger est écarté, la peur peut s’arrêter.
Emotions illusoires
Mais les 93% des émotions restantes ne sont que des illusions, des choses que l’on se raconte.
Reprenons notre exemple de l’enfant qui traverse devant nous.
On peut entretenir notre peur et même la transformer en colère en pestant par exemple contre le parent qui n’a pas su retenir cet enfant, ou contre l’enfant qui s’est montré imprudent.
Nous pouvons nous imaginer le poids de la responsabilité que cela aurait été si nous étions arrivé une seconde plus tard.
On peut penser à notre vie gâchée si nous avions vraiment renversé cet enfant.
Et bien souvent, on va raconter à notre entourage ce qui nous est arrivé de manière à se faire passer pour une victime (« Tu te rends compte, j’aurais pu l’écraser… »), entretenant ainsi cette peur et cette colère.
Dans ce cas, c’est nous qui sommes responsables de nos émotions car nous l’entretenons en imaginant toute sorte de scénarii. Nous rejetons la colère que l’on ressent sur l’autre et nous l’entretenons alors que si nous avions identifié et accepté notre peur initiale, nous serions passé à autre chose.
Vous constaterez que dès le moment où vous prêterez attention à votre émotion, son niveau d’intensité diminuera.
Mon conseil :
Dans la journée, essayez d’identifier ce que vous ressentez et demandez-vous si cette émotion est réelle ou liée à un scénario que vous vous inventez.
2) Ecouter le message de son émotion
Pour chaque grande émotion de base, on peut se poser une question.
Lorsqu’on ressent de la colère, on ressent de l’irrespect, une injustice. Ce n’est pas forcément que l’autre a été irrespectueux mais c’est ce que nous ressentons. La question à se poser quand on ressent de la colère est donc « qu’est-ce que je ressens comme injuste, qu’est-ce qui n’est pas respecté en moi ? »
Lorsqu’on ressent de la peur, on ressent du danger.
Il faut donc se poser la question : « Qu’est-ce qui est dangereux pour moi ? »
Quand on se sent triste, c’est parce qu’on a subi une perte. Cela peut aller d’une très forte tristesse lorsque l’on perd un proche par exemple à la micro-tristesse parce que l’on a cassé un vase que l’on adorait.
On peut se demander « Qu’est-ce que j’ai perdu ? ». L’objectif est simplement de prendre conscience de la perte subie.
La joie est le moteur de notre vie, elle nous donne envie d’agir.
Elle nous montre que l’on est aligné.
3) Accueillir son émotion
Au lieu de refouler son émotion, il s’agit de l’accepter, de se dire qu’on a le droit de la ressentir même si elle n’est pas confortable.
4) Agir pour avancer
Toutes les émotions sont acceptables, mais pas tous les comportements !
C’est pourquoi faire d’abord baisser l’intensité de son émotion grâce aux étapes précédentes permet ensuite d’agir de manière constructive.
Prenons un exemple concret : vous rentrez du travail après une journée épuisante et vos enfants se disputent. Vous constatez aussi que la maison est en désordre. C’est alors que vous ressentez immédiatement une colère intense (« Je n’en peux plus, je vais exploser ! »)
Vous identifiez celle-ci et le message de votre émotion : votre besoin de tranquillité et d’ordre n’est pas respecté. Accueillez cette émotion pour pouvoir ensuite agir.
Par exemple, vous vous isolez quelques minutes le temps que votre colère retombe puis vous allez voir vos enfants et vous leur exprimez ce que vous ressentez : « Je me sens très tendue parce que je suis fatiguée et le bruit m’agace. J’ai besoin que chacun m’aide à remettre de l’ordre pour qu’on passe une soirée plus calme. »
En conclusion, plutôt que de « gérer » ses émotions, de vouloir les éviter, il est plus constructif de les identifier et d’écouter ce qu’elles ont à nous dire !
Plus on laisse une émotion s’exprimer, moins elle nous envahit !
Ces conseils vous ont plu ? Vous aimeriez en avoir davantage afin de retrouver plus de sérénité dans votre vie ?
